Google a publié le 24 juin 2026 une mise à jour du canal stable de Chrome pour postes de travail Windows, macOS et Linux via son annonce officielle “Stable Channel Update for Desktop”. Cette publication corrige plusieurs vulnérabilités de sécurité dans le navigateur. Comme souvent pour les bulletins Chrome, Google diffuse d’abord les versions corrigées et limite les détails techniques tant qu’une majorité d’utilisateurs n’a pas appliqué la mise à jour. Ce mode de communication est classique pour réduire le risque d’exploitation opportuniste immédiatement après divulgation.

Le point opérationnel est simple : tout poste exécutant une version de Chrome desktop antérieure à la version stable publiée le 24 juin 2026 doit être considéré comme vulnérable jusqu’à mise à jour effective. Le vecteur d’attaque principal reste la navigation web : une page malveillante, une redirection publicitaire, un site compromis, un contenu tiers intégré ou un lien ouvert depuis une messagerie peuvent suffire à déclencher l’exploitation d’une faille du moteur navigateur. Selon la nature des bogues corrigés, l’impact peut aller du crash à la corruption mémoire, avec un risque de possible exécution de code dans le contexte de l’utilisateur.

À ce stade, l’advisory public de Google constitue la source de référence. Lorsque l’éditeur ne publie pas immédiatement l’ensemble des détails techniques, il faut éviter toute extrapolation sur les composants précis, les primitives d’exploitation ou l’existence d’exploits actifs si cela n’est pas explicitement confirmé. En revanche, du point de vue de la défense, l’absence de détails ne réduit pas l’urgence : le navigateur reste l’un des composants les plus exposés du poste de travail, et l’historique de l’écosystème montre que les failles de navigateurs font souvent l’objet d’analyses rapides par les attaquants dès qu’un correctif est disponible.

En entreprise, cette mise à jour doit être traitée comme prioritaire non seulement pour les utilisateurs standards, mais aussi pour les postes administrateurs, les bastions, les environnements d’exploitation sensibles et les postes ayant accès à des consoles cloud, VPN, hyperviseurs, outils CI/CD, coffres de secrets ou interfaces d’administration SaaS. Même si l’exécution de code reste confinée au contexte de l’utilisateur courant, l’exposition d’un compte doté de privilèges élevés ou d’un navigateur chargé de sessions critiques change immédiatement le niveau de risque.

Google attribue habituellement des identifiants CVE aux vulnérabilités corrigées dans Chrome, avec des niveaux de sévérité variables selon les composants touchés et les conditions d’exploitation. Le billet “Stable Channel Update for Desktop” doit être consulté pour la liste exacte des CVE, des crédits chercheurs et des composants concernés lorsque ces informations sont rendues publiques. Si un score CVSS est communiqué par l’éditeur ou relayé par les bases de vulnérabilités, il convient de s’y référer directement. En l’absence de détail complet immédiatement disponible, la bonne pratique reste de déployer la version stable la plus récente sans attendre la publication d’analyses tierces.

Versions affectées

La source officielle est l’annonce Google Chrome Releases du 24 juin 2026, intitulée “Stable Channel Update for Desktop”. Sur la base des éléments fournis par l’éditeur et du brief de sécurité :

  • Produits concernés : Google Chrome desktop sur Windows, macOS et Linux.
  • Versions affectées : toutes les versions de Chrome desktop antérieures à la dernière version stable publiée le 24 juin 2026.
  • Versions corrigées : la version stable desktop publiée le 24 juin 2026 via le canal Stable de Google pour Windows, macOS et Linux.
  • Référence éditeur : bulletin officiel Google Chrome Releases, Stable Channel Update for Desktop.

Lorsque l’éditeur publie le détail exact des numéros de version, il faut les reprendre tels quels dans l’inventaire et dans les outils de gestion de parc. Si votre organisation gère plusieurs canaux ou paquets différents, il est important de distinguer :

  • le binaire Google Chrome installé directement depuis Google ;
  • les variantes packagées par le système d’exploitation ;
  • les environnements virtualisés ou persistants où le navigateur peut ne pas se mettre à jour automatiquement ;
  • les postes kiosques, VDI, jump servers et postes de support ;
  • les images maîtres et golden images contenant une version figée du navigateur.

Sur le terrain, l’un des pièges récurrents consiste à croire qu’un navigateur “se met forcément à jour tout seul”. C’est souvent vrai sur des postes utilisateurs connectés en continu, mais beaucoup moins dans les environnements d’entreprise soumis à des proxys filtrants, à des règles de gel logiciel, à des sessions longues sans redémarrage, à des profils non persistants ou à des stratégies de validation internes. Une machine peut donc afficher Chrome installé tout en restant plusieurs jours sur une version vulnérable si le processus de mise à jour n’a pas réellement appliqué le nouveau binaire.

Pour vérifier la version en local, le chemin le plus simple reste l’interface du navigateur via chrome://settings/help, qui déclenche aussi la vérification de mise à jour. Côté inventaire, il faut contrôler la version du paquet réellement présent sur disque et non seulement la politique de déploiement déclarée. Sur Linux, selon la distribution, cela peut passer par des commandes comme google-chrome --version, rpm -q google-chrome-stable ou dpkg -l google-chrome-stable. Sur Windows et macOS, l’inventaire EDR, MDM ou l’outil de gestion de parc doit remonter le numéro exact de version déployée.

Si des identifiants CVE ont été publiés avec ce bulletin, ils doivent être intégrés à l’inventaire de vulnérabilités, aux tableaux de bord RSSI et aux exceptions de patch management. En l’absence de liste complète immédiatement visible dans la communication initiale, il est préférable d’indiquer dans le suivi interne : “vulnérabilités de sécurité corrigées par la version stable Chrome publiée le 24 juin 2026, en attente de consolidation complète des CVE de l’éditeur”, plutôt que de renseigner des références approximatives.

Vecteur d’attaque

Le vecteur d’attaque le plus important pour ce type de bulletin est la simple consultation d’un contenu web malveillant. C’est précisément ce qui rend les mises à jour navigateurs prioritaires : l’utilisateur n’a pas besoin d’exécuter un programme téléchargé, de désactiver sa protection ou d’ouvrir une pièce jointe binaire. Dans de nombreux scénarios, le rendu d’une page suffit, parce que le navigateur traite des formats complexes, exécute du code web, gère des moteurs d’affichage, des optimisations mémoire, des codecs, des polices, des extensions et des interactions réseau très riches.

Concrètement, plusieurs scénarios réalistes existent en entreprise :

  • un employé clique sur un lien dans un e-mail de phishing ou dans une messagerie instantanée ;
  • une publicité malveillante redirige vers une page spécialement conçue pour cibler le navigateur ;
  • un site légitime compromis sert un script ou un contenu tiers hostile ;
  • une recherche web mène vers un faux portail, une page SEO empoisonnée ou un clone de service connu ;
  • un administrateur ouvre depuis son poste d’exploitation une documentation, un ticket, un dépôt ou un outil web compromis.

Le brief fourni par l’éditeur mentionne des impacts de type crash du navigateur, corruption mémoire et possible exécution de code dans le contexte de l’utilisateur. Dans la hiérarchie du risque, la corruption mémoire est la catégorie qui doit immédiatement attirer l’attention des équipes sécurité et poste de travail. Historiquement, nombre de vulnérabilités majeures dans les navigateurs modernes relèvent de bogues mémoire : dépassements, use-after-free, confusions de type, accès hors limites ou erreurs de gestion d’objets. Même sans détail technique public immédiat, la présence de cette classe d’impact justifie un accélérateur de déploiement.

Il faut aussi rappeler une nuance importante : le contexte de l’utilisateur n’est pas un contexte anodin. Sur un poste bureautique, le navigateur concentre souvent :

  • des sessions authentifiées sur la messagerie, la suite collaborative et les portails RH ;
  • des accès à des consoles cloud, à des dépôts Git, à des tickets et à des outils de supervision ;
  • des jetons d’authentification, cookies de session et données de formulaires ;
  • des extensions métier parfois très permissives ;
  • des fichiers téléchargés et des interactions directes avec des applications locales.

Sur un poste administrateur ou un poste de support, le risque est encore plus élevé. Une compromission du navigateur peut alors servir de point d’entrée pour :

  • voler des sessions vers des interfaces d’administration ;
  • déposer une charge utile dans le profil utilisateur ;
  • réaliser des actions depuis le navigateur déjà authentifié ;
  • préparer une élévation locale via une autre faiblesse du poste ;
  • pivoter vers des applications internes accessibles uniquement depuis ce poste.

Le fait que Google limite parfois les détails techniques au moment de la sortie du correctif ne doit pas être interprété comme une absence de gravité. Au contraire, ce choix reflète souvent une réalité opérationnelle bien connue : dès qu’un patch est publié, des acteurs défensifs et offensifs comparent les versions, analysent les changements et tentent d’identifier les bogues corrigés. Dans l’écosystème navigateur, le délai entre publication d’un correctif et disponibilité de premiers éléments techniques exploitables peut être court. C’est l’une des raisons pour lesquelles les navigateurs figurent parmi les logiciels à patcher en priorité, au même titre que les clients de messagerie, lecteurs de documents et agents d’accès distant.

Du point de vue RSSI, cette publication rappelle aussi une contrainte structurelle : la surface d’attaque web est massive. Même avec un bon filtrage DNS, un proxy, un EDR et des politiques de navigation, l’entreprise ne maîtrise pas totalement les contenus rendus par le navigateur. Les usages modernes multiplient les dépendances externes : scripts tiers, CDN, iframes, connecteurs SaaS, widgets analytiques, lecteurs intégrés, outils de support, visioconférence, SSO et documentation hébergée. Le navigateur est donc un point de concentration du risque, et son cycle de mise à jour doit être pensé comme un processus critique, pas comme une simple commodité bureautique.

Pour les organisations françaises, cette priorité vaut aussi dans les environnements hébergés ou administrés chez des acteurs comme OVHcloud, Scaleway ou o2switch lorsque des consoles web d’administration sont utilisées depuis des postes internes. Le risque ne vient pas de l’hébergeur lui-même, mais du fait que les interfaces de gestion cloud, de messagerie, de DNS, de conteneurs ou de stockage sont massivement pilotées via navigateur. Un poste d’exploitation non corrigé devient alors un maillon faible entre l’utilisateur et des actifs critiques.

Impact

L’impact annoncé par Google dans le cadre de cette mise à jour couvre des symptômes et des conséquences de niveaux différents, mais tous significatifs :

  • crash du navigateur ;
  • corruption mémoire ;
  • possible exécution de code dans le contexte de l’utilisateur.

Le crash seul peut sembler mineur, mais en pratique il constitue souvent un indicateur utile. Un attaquant peut provoquer des plantages répétés pendant la phase de mise au point d’un exploit, ou un utilisateur peut signaler des fermetures inopinées sur des sites particuliers. Isolé, un crash n’est pas une preuve d’exploitation. En revanche, des plantages ciblés, corrélés à des visites web suspectes, à des alertes EDR ou à des connexions inhabituelles, doivent être traités comme un signal faible pertinent.

La corruption mémoire est plus préoccupante car elle décrit une altération du comportement interne du navigateur susceptible d’ouvrir la voie à des primitives d’exploitation. Selon le bogue précis, cela peut permettre de lire ou d’écrire hors des bornes prévues, de réutiliser un objet libéré, de détourner un flux d’exécution ou de compromettre l’isolation attendue entre différents composants du navigateur. Là encore, sans détails officiels supplémentaires, il ne faut pas spéculer sur le mécanisme exact, mais il faut considérer la classe de risque comme élevée sur un logiciel aussi exposé.

La possible exécution de code dans le contexte de l’utilisateur est l’impact le plus critique du point de vue métier. Même sans privilèges administrateur, un code exécuté dans la session utilisateur peut :

  • accéder aux données de l’utilisateur et à son profil navigateur ;
  • interagir avec les applications lancées sous la même session ;
  • récupérer des jetons, cookies ou secrets accessibles localement ;
  • télécharger et exécuter d’autres composants si les contrôles du poste le permettent ;
  • servir de tremplin pour une compromission plus large.

Il faut aussi tenir compte du modèle de sécurité du navigateur moderne. Chrome embarque des mécanismes de sandboxing, d’isolation de processus, de séparation des privilèges et de réduction de surface. Ces protections ont considérablement élevé la barre pour les attaquants. Mais dans la pratique, elles ne rendent pas les mises à jour moins urgentes. D’une part, certaines vulnérabilités peuvent déjà suffire à obtenir un impact significatif sans sortir de la sandbox. D’autre part, les chaînes d’attaque réelles combinent parfois plusieurs faiblesses : une corruption mémoire dans le moteur de rendu, puis une autre faiblesse locale ou logique pour aller plus loin. Le navigateur ne doit donc jamais être considéré isolément du reste du poste.

Dans les environnements sensibles, l’impact métier peut être immédiat. Un administrateur connecté à une console d’orchestration, à un portail IAM, à une interface de pare-feu ou à un coffre de secrets depuis un navigateur vulnérable augmente fortement la valeur de la cible. C’est pourquoi les politiques de sécurité matures imposent souvent :

  • un navigateur à jour en permanence sur les postes d’administration ;
  • des profils dédiés ou navigateurs séparés pour les usages à privilèges ;
  • une réduction des extensions installées ;
  • des postes d’administration durcis et cloisonnés ;
  • un suivi accéléré des bulletins éditeurs pour les composants d’accès web.

Cette mise à jour s’inscrit dans une tendance lourde de l’écosystème : les navigateurs sont devenus des plateformes d’exécution au sens plein, avec un niveau de complexité comparable à celui d’un système applicatif riche. C’est la raison pour laquelle les bulletins Chrome, Edge, Firefox ou Safari doivent être lus avec la même discipline que ceux touchant les hyperviseurs, VPN, reverse proxies ou bibliothèques critiques côté serveur.

Comment patcher

La remédiation prioritaire consiste à mettre à jour immédiatement Google Chrome vers la version stable desktop publiée le 24 juin 2026 sur Windows, macOS et Linux. La méthode exacte dépend du mode de distribution utilisé dans votre organisation.

Mise à jour via l’interface Chrome

Sur un poste individuel, l’utilisateur ou le support peut forcer la vérification de version via chrome://settings/help. Chrome télécharge alors la mise à jour si elle est disponible. Un redémarrage du navigateur est généralement nécessaire pour appliquer le nouveau binaire.

Point de vigilance : tant que le navigateur n’a pas été relancé, le correctif peut ne pas être actif. Dans les campagnes de remédiation, il faut donc suivre non seulement le téléchargement de la mise à jour, mais aussi l’application effective après redémarrage.

Windows

En environnement géré, la bonne pratique est de s’appuyer sur l’outil d’administration du poste de travail déjà en place : Microsoft Intune, Configuration Manager, GPO avec mécanismes de déploiement, ou solution de gestion de parc tierce. Si Chrome est installé via l’installateur entreprise Google, la mise à jour doit cibler la dernière version stable publiée par l’éditeur.

Pour un contrôle local, il est possible de vérifier la version via l’interface graphique ou via l’inventaire logiciel. Si votre entreprise autorise l’auto-update Google, vérifiez que les services de mise à jour ne sont ni désactivés ni bloqués par proxy. Les environnements fortement verrouillés doivent prévoir une diffusion centralisée rapide du paquet MSI ou du mécanisme équivalent publié par Google.

macOS

Sur macOS, les organisations passant par Jamf ou un autre MDM doivent pousser la version stable la plus récente publiée par Google. Les postes nomades doivent être surveillés car ils peuvent retarder l’application du correctif si l’utilisateur ne relance pas le navigateur ou si le poste reste hors du périmètre de gestion pendant plusieurs jours.

Un contrôle local peut être réalisé depuis le menu À propos de Google Chrome ou via l’inventaire MDM. Là encore, l’objectif n’est pas seulement d’avoir une politique de mise à jour, mais de confirmer la présence de la version corrigée sur le disque et en exécution.

Linux

Sur Linux, la remédiation dépend du gestionnaire de paquets et du dépôt configuré. Si vous utilisez le paquet officiel google-chrome-stable, les commandes suivantes permettent classiquement de mettre à jour le navigateur depuis les dépôts configurés :

sudo apt update
sudo apt install --only-upgrade google-chrome-stable

Sur les distributions basées sur RHEL, CentOS Stream, Rocky Linux ou Fedora, selon l’outillage disponible :

sudo dnf upgrade google-chrome-stable

Ou, sur certains environnements plus anciens :

sudo yum update google-chrome-stable

Après mise à jour, vérifiez la version réellement installée :

google-chrome --version

Si votre parc Linux repose sur des images immuables, des conteneurs de poste, des VDI Linux ou des stations de développement packagées en interne, il faut également republier l’image de référence. Un simple correctif sur quelques machines pilotes ne suffit pas si les reconstructions futures réinstallent une version antérieure.

Vérification et pilotage du déploiement

Un plan de patch navigateur efficace doit comporter au minimum :

  • un inventaire des postes avec version réelle de Chrome ;
  • une identification des postes à privilèges et des équipes sensibles ;
  • un suivi du taux de mise à jour appliquée, pas seulement distribuée ;
  • un mécanisme de relance ou de fermeture contrôlée du navigateur si nécessaire ;
  • une revue des exceptions de patching et des machines hors ligne.

Dans les entreprises françaises, il est utile d’aligner ce pilotage avec les recommandations générales de maintien en condition de sécurité relayées par le CERT-FR lorsqu’il s’agit de composants fortement exposés. Même en l’absence d’alerte spécifique CERT-FR sur ce bulletin précis, la logique de réduction rapide de la fenêtre d’exposition s’applique pleinement aux navigateurs.

Détection

Si le patch ne peut pas être appliqué immédiatement partout, il faut au minimum organiser une phase de détection et de réduction du risque. Il n’existe pas, à partir des seuls éléments publics fournis ici, d’indicateurs de compromission spécifiques et universels associés à une exploitation de ce bulletin. En revanche, plusieurs signaux faibles peuvent aider à prioriser l’investigation.

Indicateurs techniques à surveiller

  • augmentation inhabituelle des crashs de chrome.exe ou du binaire Chrome sur macOS/Linux ;
  • ouverture de pages suivie immédiatement d’un plantage du processus de rendu ;
  • déclenchements EDR corrélés à Chrome, notamment comportements mémoire anormaux, injection de processus, création d’enfants inattendus ou exécution de binaires depuis le profil utilisateur ;
  • téléchargements non sollicités après navigation ;
  • connexions réseau sortantes anormales initiées peu après l’ouverture d’un site ;
  • création de fichiers suspects dans les répertoires de profil utilisateur ou de cache du navigateur.

Exemples de chemins utiles à surveiller selon les plateformes :

  • %LOCALAPPDATA%\Google\Chrome\User Data\ sous Windows ;
  • ~/Library/Application Support/Google/Chrome/ sous macOS ;
  • ~/.config/google-chrome/ sous Linux.

Ces chemins ne sont pas des IoC en eux-mêmes. Ils servent de points d’observation pour rechercher des artefacts inhabituels : extensions non autorisées, fichiers récemment déposés, modifications suspectes du profil, scripts ou binaires inattendus. Toute analyse doit rester corrélée à d’autres journaux, car un navigateur génère naturellement beaucoup d’activité légitime.

Journaux et télémétrie

Les sources de logs pertinentes incluent :

  • télémétrie EDR sur les processus chrome.exe ou équivalents ;
  • logs proxy et DNS pour identifier des domaines nouvellement contactés après navigation ;
  • journalisation système sur les crashs applicatifs ;
  • inventaire de versions remonté par MDM, EDR ou outil de parc ;
  • événements de téléchargement et d’exécution dans les répertoires utilisateur.

Si votre organisation dispose d’un proxy web ou d’une passerelle sécurisée, il peut être pertinent d’extraire la liste des postes non corrigés ayant consulté récemment des catégories à risque élevé : hébergement de fichiers, domaines fraîchement créés, plateformes de publicité douteuses, sites compromis signalés, ou URLs issues de campagnes de phishing. Cette approche ne prouve pas une exploitation, mais aide à ordonnancer les investigations.

Mesures temporaires de réduction du risque

Lorsqu’un déploiement immédiat est impossible, plusieurs mesures compensatoires peuvent réduire l’exposition, sans remplacer le correctif :

  • accélérer la mise à jour en priorité sur les postes administrateurs, RSSI, support, finance et direction ;
  • restreindre la navigation Internet depuis les postes à privilèges ;
  • forcer l’usage de postes dédiés pour les consoles sensibles ;
  • désactiver ou limiter les extensions non indispensables ;
  • renforcer le filtrage web et DNS sur les catégories les plus risquées ;
  • réduire les droits locaux des utilisateurs lorsque cela reste possible ;
  • surveiller les sessions Chrome qui n’ont pas été redémarrées depuis la diffusion du correctif.

Dans certains contextes, une mesure simple mais efficace consiste à séparer strictement les usages : un navigateur ou un profil dédié pour l’administration, un autre pour la navigation générale. Cette pratique limite l’exposition des sessions les plus critiques à des contenus web non maîtrisés. Elle ne dispense pas de patcher, mais elle réduit l’impact potentiel d’une compromission du navigateur.

Mitigation

Le correctif éditeur reste l’action de référence. Néanmoins, la gestion du risque navigateur mérite une perspective plus large, surtout en entreprise où les délais de validation logicielle existent encore. Cette publication de Google rappelle plusieurs axes stratégiques.

Faire du navigateur un composant critique du patch management

Beaucoup d’organisations ont des processus très matures pour les serveurs, mais encore trop lents pour les applications poste de travail. Or le navigateur est l’une des premières surfaces d’attaque exposées quotidiennement. Il doit bénéficier :

  • d’une fenêtre de déploiement courte ;
  • d’un anneau pilote validé rapidement ;
  • d’une capacité de rollback en cas de régression ;
  • d’indicateurs de couverture réellement suivis ;
  • d’une priorisation explicite dans la gouvernance sécurité.

Accélérer sur les postes à privilèges

Les postes administrateurs, bastions, postes SOC, équipes cloud, DevOps et support doivent être traités avant le reste du parc. L’argument est simple : la même vulnérabilité n’a pas le même impact selon les sessions et les accès présents sur le poste. Un navigateur vulnérable sur un poste connecté à des consoles de production représente un risque disproportionné.

Réduire la dépendance aux extensions et aux profils surchargés

Même si ce bulletin ne vise pas spécifiquement les extensions, la surface d’attaque globale du navigateur augmente avec le nombre de composants actifs. Les environnements d’entreprise gagnent à :

  • n’autoriser que les extensions validées ;
  • désinstaller les modules obsolètes ;
  • segmenter les profils selon les usages ;
  • éviter le mélange entre navigation personnelle tolérée et accès d’administration.

Conserver une hygiène de poste cohérente

Le navigateur ne doit pas être défendu isolément. Les mesures suivantes améliorent la résilience globale :

  • EDR correctement déployé sur l’ensemble du parc ;
  • journalisation des téléchargements et des exécutions ;
  • restriction des droits locaux ;
  • durcissement des postes sensibles ;
  • contrôle des applications autorisées ;
  • segmentation réseau des postes d’administration.

Ces pratiques sont particulièrement pertinentes dans les environnements hybrides où un navigateur sert d’interface vers des ressources internes, des services SaaS et des consoles hébergées. Elles s’inscrivent dans une logique de défense en profondeur plutôt que dans une confiance excessive accordée à la sandbox du navigateur.

La source officielle à retenir reste l’annonce Google Chrome Releases – Stable Channel Update for Desktop publiée le 24 juin 2026. Tant que tous les postes n’ont pas basculé sur la version stable corrigée, la fenêtre d’exposition demeure ouverte. En pratique, la priorité doit aller aux machines les plus sensibles, au contrôle de la version réellement exécutée et au redémarrage effectif du navigateur après mise à jour. Pour renforcer durablement l’hygiène du parc, le durcissement des postes, la séparation des usages et l’accélération du patch management navigateur méritent une revue dédiée côté exploitation et sécurité. Des mesures complémentaires de hardening peuvent être intégrées dans vos standards internes en vous appuyant sur les retours de la catégorie /categorie/pratiques.

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Commentaires· 3 commentaires

  1. Kevin Roux· 24 juin 2026

    Est-ce qu’on sait si la mise à jour se fait automatiquement sur desktop, ou s’il faut aller vérifier manuellement dans les paramètres ? Je me demande aussi si un simple redémarrage du navigateur suffit une fois l’update téléchargée.

    1. Kevin Rousseau· 24 juin 2026

      En général, Chrome met ses mises à jour en arrière-plan, mais il faut souvent relancer le navigateur pour qu’elles s’appliquent complètement. Si tu veux vérifier, le plus simple est d’aller dans le menu puis dans la page “À propos de Chrome”, c’est là que le navigateur cherche et affiche la version installée.

    2. Antoine Mercier· 24 juin 2026

      Quand il est question de failles critiques, perso je préfère ne pas attendre et faire la vérification manuelle tout de suite. Même si l’update est automatique, un redémarrage de Chrome est souvent le point important pour finaliser l’installation.

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